SIDA en Tunisie et nouveaux défis

13 12 2008

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Avec près de soixante-dix nouveaux cas par an, le Sida demeure assez maîtrisé en Tunisie. Seulement la maladie semble changer de visage en Tunisie .
Les mentalités évoluent positivement, mais de plus en plus de jeunes sont touchés surtout par le biais de la toxicomanie. A la veille de la journée mondiale de lutte contre le Sida le 1 er décembre de chaque année, Réalités fait le point sur l’évolution de la maladie du Sida et son environnement dans notre pays.

Au cours de la dernière décennie, la moyenne des nouveaux cas enregistrés chez les Tunisiens ne dépassait pas les 70 cas par an selon le ministère de la Santé publique. Or cette année, certaines personnes travaillant sur le terrain ont émis certains doutes et ont comme l’impression que le visage de l’infection au VIH est en train de changer.

Le doute

La gravité d’une épidémie se mesure entre autre par la prévalence de la maladie. C’est-à-dire le nombre de nouveaux cas apparus et rapportés au nombre total de malades. On parle d’épidémie faible quand la prévalence est inférieure à 1%, et d’épidémie généralisée quand celle-ci est supérieure à 1%. Mais il y a une autre épidémie qu’on appelle l’épidémie concentrée, qui est justement concentrée dans certains groupes comportements. En ce qui concerne l’infection par le VIH, les groupes comportementaux sont les travailleurs du sexe, les usagers de drogues et les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes. La surveillance et l’action sur ces groupes sont devenus les éléments majeurs de la lutte contre le SIDA, partout dans le monde.Selon le Dr Ridha Kammoun, Président de l’Association tunisienne de lutte contre les infections sexuellement transmissibles et le VIH, les derniers sondages ont fait naître ce doute sur la situation épidémiologique du SIDA en Tunisie. Si les craintes se confirment, il va falloir s’occuper de ces groupes en particulier, car l’épidémie concentrée fait craindre le glissement vers l’épidémie généralisée. A l’hôpital La Rabta, selon des personnes en contact quotidiennement avec le service des maladies infectieuses, le nombre de nouvelles personnes infectées par le VIH qui viennent consulter a sensiblement augmenté. Alors qu’il y a deux ans, on voyait une nouvelle personne tous les deux voire trois mois, cette année on voit trois à quatre nouveaux patients par semaine, autant d’hommes que de femmes, de tous les âges, 20, 30, 40, 50 et même 60 ans.Le nombre de mineurs de 15 ou 16 ans contaminés par le VIH qui fréquentent les consultations est aussi assez inquiétant. Ces personnes disent toutes avoir été contaminés par les rapports sexuels avec des prostituées clandestines. Mais la vérité serait autre. Qui oserait dire que c’est en s’injectant de la drogue qu’il a été contaminé sans craindre une dénonciation à la police. Et dans le milieu de l’homosexualité et de la bisexualité, les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes ne l’avouent pas lors d’une consultation. C’est le travail de proximité des associations comme l’ATL IST/VIH (association tunisienne de lutte contre les infections sexuellement transmissibles et le VIH), qui a permis à ces dernières de côtoyer les groupes à risques et elles sont en train de se poser des questions sur certaines données de l’épidémie actuelle de l’infection par le VIH qui ne correspondrait pas à la réalité de la situation

Le dépistage
Selon les données du ministère de la Santé publique, dans la répartition des cas d’infection par le VIH, selon le mode de transmission, l’homosexualité représente 5%. Aujourd’hui on ne parle plus d’homosexualité, mais d’homme ayant des rapports sexuels avec un autre homme, car on veut inclure dans cette catégorie les bisexuels et ceux qui ont des rapports occasionnels avec d’autres hommes. Selon des proches de ces milieux, cette catégorie de personnes continue d’avoir des rapports sexuels même quand elle est contaminée par le VIH, parce que face à un refus, on risque d’en déduire une quelconque maladie et le lien avec le VIH et le SIDA est vite fait, et c’est la honte.

En Tunisie, depuis l’année 2007 le dépistage est gratuit et anonyme. On peut aller faire un dépistage sans donner son nom, c’est juste un numéro. Il a fallu quinze ans pour changer la loi de 1992 et permettre l’anonymat pour la sérologie.Depuis 2000, le traitement et la prise en charge sont entièrement gratuits. La trithérapie (le traitement efficace pour stopper l’infection, est composé de trois médicaments) est disponible et gratuite, et a changé le pronostic de la maladie. L’évolution de l’infection ne se fait plus vers le stade SIDA de la maladie, rapidement mortel, mais vers une maladie latente et chronique.
Au début de l’apparition de la maladie en Tunisie, la mortalité des personnes vivant avec le VIH était de 45,1%, aujourd’hui elle a chuté jusqu’à 7,8% (chiffres publiés dans le «manuel de prise en charge de l’infection à VIH et des infections opportunistes», ministère de la Santé publique, Office national de la famille et de population, Centre de formation internationale et de recherche.)
Bientôt il va y avoir une quinzaine de centres de dépistage anonyme et gratuit qui vont ouvrir sur tout le territoire. Le dépistage est très important car il va orienter vers une prise en charge précoce qui permettra une vie normale. Quand le malade est traité, sa charge virale baisse et, même avec un rapport sexuel non protégé, la transmission de l’infection est moindre. Malheureusement la moitié des personnes vivant avec le VIH ont découvert leur séropositivité au stade de maladie de l’infection. Dans l’autre moitié 50% sont découverts suite à une enquête autour du cas initialement trouvé. Le dépistage spontané est rare, c’est quand il y a des signes d’appel, comme une diarrhée, des ganglions…que certains sont tentés de faire le dépistage.

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2 responses

23 12 2008
Faithinlove

Malgré tout, ce sujet reste encore tabou; on hésite même de l’évoquer en famille ou entre amis… Le Tunisien a toujours tendence à se voiler la face et à rejeter le débat… Je pense qu’on a besoin de plus de travail sur terrain surtt qu’un grand nombre de jeunes n’est pas conscient de la gravité de cette Maladie; on est même pas conscient que le Sida peut frapper à la moindre erreur…

1 04 2009
Danere

http://tunisie-harakati.mylivepage.com

J’ai du mal à croire aux statistiques des épidémies annuelles du sida, les préservatifs sont peu ou pas utilisés et on nous donne du 70 cas pas an. C’est encore une fois de la mauvaise propagande qui ne sert pas les tunisiens. Il faut des vraies chiffres pour prendre la maladie à bras le corps. Encore une fois la Tunisie fuit ses responsabilités, seul les Sameh Harakati de la nation seront encore victime de ce calcul d’intérêt.

http://tunisie-harakati.mylivepage.com

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