L’homosexualité est un fait arabe : Explications de *Malek Chebel

20 02 2008

*Anthropologue et spécialiste de l’Islam, Malek Chebel a consacré plusieurs ouvrages au corps, à la sexualité et à l’homosexualité dans l’Islam. Il est, depuis des années, un des plus actifs partisans d’une interprétation du Coran qui tienne compte de l’évolution du monde.

Que dit l’Islam de l’homosexualité ?

L’Islam n’utilise pas le mot homosexuel mais parle de peuple impie, de Loth et de la dégénérescence. L’homosexualité est plutôt présentée par défaut. Dans le Coran, elle est considérée comme un mal dont il faut se prémunir.

Cela tient en quelques lignes terribles. Ce texte a manifestement pour objet la conservation de l’ordre. Il s’agit de préserver la forme familiale traditionnelle, de reconduire l’ordre ancien et de condamner toutes les autres activités transgressives, y compris les formes de matrimonialité non conventionnelles.

La charia (la loi) et le fiqh (ses principes d’application) condamnent-ils expressément l’homosexualité ?

L’homosexualité est un des interdits majeurs dès les VIIIème et IXème siècles. A Bagdad, au XIème siècle, la culture homosexuelle est très nette. Il existe alors un culte du mignon dans les élites.

Celles-ci peuvent facilement se protéger du clergé et des sanctions judiciaires. Aux Xème et XIIème siècles, on voit fleurir une culture pédérastique s’inspirant de celle de la Grèce antique et l’émergence d’une littérature sur le sujet. Des poèmes comparent les vertus des éphèbes et des courtisanes (1).

Après, on assiste, sur le plan général, à une dégradation de l’Islam, à une crispation des juristes théologiens vers un droit plus strict, plus réactionnaire.

Ce mouvement, qui se poursuit aujourd’hui, prétend revenir à une pureté originelle qui n’a jamais existé. Il conduit l’Islam à avoir une vision de lui-même intolérante envers les homosexuels (les autres de l’intérieur) comme envers les étrangers (les autres de l’extérieur).

Certains discours laissent entendre que l’homosexualité serait une importation de l’Occident et n’aurait rien à voir avec la culture arabe.

Depuis le début, l’homosexualité est un fait arabe. Certains veulent effectivement faire croire qu’il s’agit d’un mal venu d’ailleurs. Le mal, c’est toujours l’autre qui l’apporte. L’Occident s’est libéré de son complexe par rapport aux homosexuels. L’Occident s’affranchit de ses tabous. Le monde arabe subit l’impact des images venues d’ailleurs, l’impact des innovations faites ailleurs, l’influence économique étrangère. Il subit l’influence de l’Occident qui se conçoit aussi comme exportateur de morale. Il ne lui reste plus qu’un pré carré à défendre : celui de la morale.

Comment expliquer l’attitude de l’Egypte à l’égard des homosexuels ?

Il y a très nettement une défense du territoire de la part du clergé égyptien. Une régression dans ce pays qui indique la mainmise de la pensée fondamentaliste sur les pouvoirs. Je pense qu’il s’agit d’un coup de sang contre un phénomène qui est très ancien et de plus en plus visible.

La situation diffère dans les pays du Maghreb. En Tunisie, il n’y a pas eu de persécutions. Au Maroc, les homosexuels se sont affranchis du regard des autres même si on ricane toujours à leur propos. Même en Algérie, où l’on a toujours nié l’existence d’une homosexualité même latente, on voit des gens qui s’autorisent à être homosexuels sans avoir peur d’être lapidés.

La situation est très différente en Arabie Saoudite…

La localisation en Arabie Saoudite de Médine et de La Mecque, les deux lieux les plus sacrés de l’Islam, pousse le pays à s’assigner le rôle de premier défenseur de la morale la plus stricte. Il y a une vraie concurrence de la gestion de la morale entre l’Arabie Saoudite, l’Iran et, avant l’intervention américaine, l’Afghanistan des talibans.

Aujourd’hui, deux tendances s’affrontent : l’une ultra conservatrice avec une application du Coran à la lettre, l’autre qui préconise une interprétation moderne du texte.Comment voyez-vous l’avenir ?

Ces deux tendances existent. Il y en a d’ailleurs une que j’incarne depuis longtemps, celle d’une nouvelle interprétation des textes, mais qui est encore minoritaire.
Aujourd’hui, il existe une diversification de l’accès à l’information, une mondialisation des échanges, un appétit des jeunes à vouloir avoir accès à la jouissance immédiate qui fait qu’à long terme les positions intransigeantes auront du mal à tenir. On assiste, par ailleurs, à l’échec des islamistes en Algérie, à la chute de l’Afghanistan des Talibans. Au Soudan, montré en exemple il y a quelques années, l’étoile a pâli. Certains signes sont là mais il reste beaucoup de chemin à parcourir…

*Source


Advertisements




Mode Mascline les 8 tendances 2008-2009

15 02 2008

Tradition oblige , voici les 8 tendances de la mode masculine après les défilés de prêt-à-porter automne hiver 2008-2009 :





1°Le mouton retourné chez Versace, Gucci, Dolce Gabana, Les Hommes, John Richmond.

2°Le nœud papillon chez Moschino, Dolce & Gabana, Les Hommes, Salvatore Ferragamo.

3°Le motif animalier (accessoires : chaussures, sacs..) chez Giorgio Armani, Alexander McQueen, Roberto Cavalli, D&G , Fendi, Missoni, Gianfranco Ferré, Salvatore Ferragamo, Burberry Prorsum.

4°Le noir- couleur d’élegance chez Versace, Emporio et Giorgio Armani, Gucci, Dolce & Gabanna, Calvin Klein Collection.

5°Les étoffes épaisses chez Dolce & Gabana, Versace, Les Hommes, Alexander McQueen.

6°Le mauve – couleur de la nuit chez Prada, Moschino, Les Hommes, Missoni, Salvatore Ferragamo.

7°Le chapeau chez Giorgio Armani, Alexander McQueen, Vivienne Westwood.

8°Les bottes au dessus du pantalon chez Prada, Dolce & Gabbana, Les Hommes…





Homosexuels Tunisiens : Témoignages

15 02 2008
Slimane, 22 ans est, en revanche, bien dans sa peau. “ Je n’ai absolument aucun problème à vivre ma sexualité normalement en Tunisie et je n’ai jamais pensé à quitter le pays comme plusieurs autres”. Slimane partage sa vie avec un jeune homme habitant la même région que lui. Tant que son entourage n’est pas au courant, rien ne l’empêche de le faire, confie ce jeune garçon pour lequel “ il ne faut rien changer à la société tunisienne ”. A Hammamet, nous apprend-il, comme dans d’autres grandes villes, il y a des points de rencontre d’homosexuels, cafés, boites de nuits et hammams. Qu’une âme solitaire cherche de la compagnie, elle sait alors tout de suite où aller. Pourtant, dans la Capitale, tous avouent se sentir le plus à l’aise.

“ A Tunis, je peux draguer partout sans avoir peur d’être agressé ”, raconte ce jeune ; comme son ami, c’est à Tunis qu’il va pour respirer et fuir la surveillance des parents. Quand je suis dans ma ville, je fais tout pour m’habiller de manière à ne pas attirer l’attention. Dès que je suis à Tunis, mon look est différent et mes attitudes aussi. L’interdit, tous ont appris à jouer avec. L’entourage étant très rarement au courant, ils peuvent même inviter leur partenaire chez les parents sans que personne ne se doute de rien.

Un autre Slimane, 36 ans, s’en souvient : “ Mes parents ont connu tous mes partenaires. Bien sûr, ils ne se sont jamais douté de rien, pensant que j’invitais chez eux des collègues de bureau ”. Mieux encore, souligne Slimane, il est plus facile pour un couple homo que pour un couple hétéro de vivre pleinement sa sexualité puisque les hommes peuvent habiter ensemble, voyager ensemble, et même prendre la même chambre d’hôtel, la loi ne l’interdit pas. Alors qu’un couple hétéro non marié aura beaucoup plus de problème pour vivre son intimité. Dans la clandestinité, semble vouloir dire Slimane, tout est possible. “ Pour s’en sortir, il faut savoir se faire respecter. Ne pas provoquer. Quand je croise les jeunes du quartier en bande, j’entends des commentaires pas très fins sur moi. Je dis bonjour et je passe mon chemin en ayant l’air de n’avoir rien entendu. Ces mêmes jeunes, quand je les croise et qu’ils sont seuls, tout change, ils sont polis avec moi et très gentils. Certains me font même comprendre qu’ils aimeraient bien une petite aventure… ”

Salwa, 42 ans, artiste se confie :

“ Pour être honnête, j’avais décidé de me marier pour tenter d’effacer de ma mémoire une liaison homosexuelle que j’avais vécue à l’âge de 23 ans avec une femme de 40 ans j’avais d’abord connu les caresses d’une femme à l’âge de 12 ans, dans un hammam. Cette femme était la gardienne de ce lieu. Cette liaison m’avait beaucoup troublée. Toujours est-il qu’aujourd’hui, j’ai décidé, une suite à une rupture conjugale, de vivre mon homosexualité sans mensonge envers les autres et moi-même. Il est évident qu’il n’est pas facile de révéler cette situation à son mari, à ses enfants et à sa famille. Mais c’était indispensable pour éviter les bévues, les lapsus révélateurs et surtout les ragots de certaines personnes bien intentionnées qui ne manqueraient pas de raconter que je vis en compagnie d’une femme. Tout finit par se savoir ! Dans ces conditions, les mauvaises langues auront le bec cloué. C’est mon mari qui a eu la primeur de l’information. Les mots avaient de la peine à sortir pour exprimer tous mes tourments et en même temps la délivrance de pouvoir dire mes préférences amoureuses. Je sentais bien mon mari attentif, tendu et ému à la fois d’entendre sa femme, après dix ans de vie commune, lui faire des déclarations aussi graves. Comme moi, il avait presque les larmes au yeux. Mais constatant ma sincérité et la confiance que je mettais en lui, le climat s’est peu à peu détendu et les confidences ont trouvé leur place au cours de ce dialogue que je n’oublierai jamais”.





Samira Said & Cheb Mami : Un classique je sais !

13 02 2008





Le Kirkpinar : Pourquoi nos ancêtres Turcs ont oublié de nous amener ça ??!!!

13 02 2008
C’est mieux que de la baklawa vous ne trouvez pas ? 😉


Milieu du 14è siècle, les Ottomans qui résidaient en Anatolie avancent vers l’Ouest et conquièrent peu à peu un empire qui durera près de 700 ans. Durant leur avancée, les guerriers Ottomans se devaient de rester en bonne forme physique. Pour ce faire, ils pratiquaient divers types de sport. Avant une grande bataille, alors qu’une quarantaine de soldats s’entrainaient au combat, deux d’entre eux décidèrent de faire une compétition et de se battre jusqu’à ce que mort s’en suive. Tard dans la nuit, les deux combattants finirent par mourir. Leurs compagnons d’armes les enterrèrent sous un figuier.

Quelques temps plus tard, une fontaine d’eau de source coulait tout autour du figuier. Les autres guerriers nommèrent l’endroit du combat mortel Kirkpinar (qui signifie les 40 sources) et déclarèrent : “Ils étaient 40 et ils furent les premier à arriver ici”.En référence aux 40 combattants et aux deux morts enterrés sous le figuier. Depuis, le Kirkpinar est resté dans les annales comme étant une combat de lutte violent. Il l’est cependant beaucoup moins aujourd’hui, les guerriers ne décédant plus.

Le Kirkpinar se déroule sur les lieux historiques de son fondement. C’est à dire non loin de la tombe des deux premiers combattants mentionnés plus haut. Après une longue prière sur leurs tombes, les lutteurs de Kirkpinar participent à une magnifique cérémonie.Environ 35 lutteurs participent pour devenir le premier lutteur.

Les “Pehlivan”, torse nu et moulés dans un short long traditionnel en cuir épais, s’enduisent régulièrement d’huile d’olive au cours des combats. Le sens de l’équilibre est bien plus important que la force pour remporter l’épreuve. Celui qui déclare forfait et celui qui se retrouve au sol sans pouvoir bouger. A noter que les coups les plus tordus dans le combat vous confèrent des points pour la place de numéro un !!
Autrefois, le seigneur local prenait soin d’organiser lui-même la compétition annuelle en logeant les participants et les invités, nourrissant tout ce petit monde et assortissant le tout de cérémonies somptueuses. Aujourd’hui, faute de seigneurs, c’est la Municipalité de Kirkpinar qui organise le tournoi.





Précisions autour de la polémique entourant la dépénalisation de l’homosexualité en Tunisie

13 02 2008

Il y a prés d’un an la polémique autour de l’approbation par l’aggrégateur de Tn-blog d’un blog gay tunisien dans la Tunisphére a permis de révéler au grand jour la profonde ignorance de certains de nos compatriotes vis-à-vis de nos revendications.

J’ai essayé d’éclaircir certains points mais j’aimerais ici prendre le temps d’étayer ma revendication et par extension, celle des homosexuels tunisiens.

L’article 230 du Code pénal de 1913 (largement modifié en 1964) prévoit jusqu’à 3 ans de prison pour sodomie entre adultes consentants.

Alors que la Tunisie vit sous un régime républicain qui garantit à ces concitoyens plusieurs libertés fondamentales tel que celle d’opinion ou de culte, il devrait en être de même pour nos choix sexuels. Nous sommes un pays arabo-musulman ; de fait mais il existe plusieurs pays musulmans qui ont dépénalisé l’homosexualité tel que la Jordanie, l’Irak ou la Turquie et qui prouvent que l’on peut être un pays arabe, musulman et intégrer les homosexuels arabes et musulman comme étant des citoyens à part entière.

La Tunisie est une république dont la religion d’état est l’islam certes mais dans la Tunisie moderne bâtie il ya plus de cinquante ans, les droits fondamentaux ont été non seulement reconnues mais instaurer et ce parfois en contradiction avec la Charia, la loi islamique.

Ainsi les Droits accordées aux femmes tunisiennes, l’avortement, la consommation de l’alcool entre autres sont totalement acceptés même si cela est totalement interdit par la Charia.
Il est de fait que l’approche de notre pays garantit la possibilité de pouvoir exercer ce droit : celui du libre-choix.

La religion est un choix personnel et ne devrait en aucun cas être imposé à quiconque .Il en va de même pour la dépénalisation de l’homosexualité, hors de toute polémique morale.
Nous sommes des citoyens comme tous les autres, nous ne revendiquons que le droit d’exister en tant que Citoyen de notre pays et non pas comme des criminels pervers sodomites.

L’hypocrisie entourant ce système mis en place depuis plus de cinquante démontre ses limites. Nous contribuons comme vous tous quotidiennement à la machine économique de notre pays, nous payons nos taxes comme tout le monde et c’est à date la seule reconnaissance citoyenne que nous méritons. Il est temps que cela change…





Deep House : Lawnchair Generals : DON’T GIVE UP

12 02 2008