Homo en Tunisie: Témoignage 1

28 01 2008
l’Islam, à l’instar des autres religions, considère l’homosexualité comme étant un péché contre l’ordre établi par Dieu. La chariaâ, loi d’inspiration islamique appliquée dans certains pays arabes et africains, condamne très sérieusement l’homosexualité, puisque la récidive peut entraîner la peine de mort. C’est le cas dans certains pays du Golfe, où les homosexuels peuvent être soumis à la peine capitale ou perdre leurs droits civiques. En Afghanistan, plus de dix homosexuels auraient été exécutés pour leur sexualité par le régime des Taliban. En Iran, deux adolescents âgés de 16 et 18 ans ont été pendus le 19 juillet 2005, sur la place publique dans la ville de Mashhad, au Nord-Est du pays, au motif d’actes homosexuels. Pour les plus conservateurs, l’homosexualité est l’un des pires vices que l’humanité ait connus et doit être strictement punie. Pour d’autres, elle est plutôt une “ maladie qui doit être soignée ”.

La Tunisie, située à mi-chemin entre application libérale et répressive des dispositions légales à l’égard des homosexuels, tolère plus ou moins l’acte homosexuel pour autant qu’il demeure secret. Dans les milieux ruraux, la révélation d’un tel comportement peut toutefois conduire à la honte, au rejet, voire à des drames humains lorsque la famille se sent déshonorée.

Témoignages :


Le nom choisi (pour la circonstance) par cet étudiant de 26 ans, est Samir,
il a bien voulu témoigner, mais sans se faire voir. Nous avons communiqué en
toute franchise par téléphone. Un timbre de voix qui ne laisserait aucune femme
indifférente. Une voix chaude et virile au bout du fil nous confiait :“ Il faut
être très fort pour s’assumer en tant qu’homosexuel dans notre pays.
Aujourd’hui, si on a 15 ans et qu’on se sente plutôt attiré par les hommes, on
est perdu. Il n’existe aucune référence, aucun modèle. Il n’y a pas de
visibilité gay. On se sent isolé et il est difficile de s’accepter comme tel.

Pour se rassurer, on se dit que c’est peut-être passager. ” Samir a eu sa
première expérience à 7 ans, avec un copain: “ Je n’avais pas le sentiment de
transgresser quoi que ce soit. Je le vivais comme une découverte du sexe, un jeu
entre gamins. Un jour ma tante nous a surpris. C’est elle qui m’avait dit, pour
la première fois ce que c’était, avant de m’informer que “c’était très mal et
qu’il ne fallait plus jamais le refaire”. Depuis, je continuais en secret mes
jeux sexuels avec les petites filles et les petits garçons de mon âge ”.

Plus tard, à l’âge de 16 ans, il vit sa première expérience hétérosexuelle
avec la femme de ménage qui s’occupait depuis longtemps de la maison. “ Tous les
garçons du quartier la trouvaient très belle et lui lançaient des cascades de
boniments et de compliments. Ils me disaient que j’avais de la chance d’avoir à
la maison une fille aussi belle et accessible. Un jour, nous étions seuls à la
maison et c’est vrai qu’elle était très belle, je l’ai regardée, je lui ai
caressé les cheveux… Elle était surprise, et me disait que j’étais son frère,
que ce n’était pas très bien ce que je faisais, mais elle se laissait faire. On
s’est retrouvé dans ma chambre, il faisait sombre et elle ne voulait pas allumer
la lumière.
Je continuais mes caresses et, elle ne me prenait pas au sérieux et
n’arrêtait pas de rire en me répétant :“Tu es mon frère, tu es mon frère…” .
Cela a été un échec total malgré mes efforts pour la séduire. Je ne comprenais
pas… Depuis je suis bloqué avec les femmes. J’ai eu d’autres aventures, mais
cela n’a jamais abouti. J’avais en plus un complexe ; j’étais extrêmement timide
et je ne me trouvais pas beau avec mes lunettes de vue. Je voulais au fond de
moi avoir une copine mais le blocage se manifestait à chaque fois.

J’ai eu la trouille d’en rester là. J’ai voulu en avoir le cœur net, en
sortant même avec des filles de joie. Seulement ce n’était que des préliminaires
en perdant un peu de ma timidité, mais le blocage persistait et, encore une
fois, c’était l’échec sexuel. Le paradoxe est que je plaisais aux hommes et ma
véritable expérience sexuelle a été avec un cousin. Depuis, je n’arrive à être
bien qu’avec des expériences homosexuelles. Cela n’empêche que mon plus grand
désir reste de séduire une femme et me marier plus tard. ”.

Voilà le dilemme de Samir. Paraître ce qu’il n’est pas, n’est pas une chose
aisée. Il n’est pas facile de tromper les autres sans se perdre un peu soi-même.
C’est parce qu’il ne supportait plus cette duperie permanente et qu’il a des
amis sur lesquels compter, que Samir va oser se confier, entamant ainsi un long
travail pédagogique sur lui-même et sur son homosexualité avec un psychologue.
Il croit de plus en plus qu’il n’est pas déviant, qu’il est comme tout le
monde, qu’il aspire à une vie de couple et à un avenir serein. Il trouvera sans
doute quelques oreilles attentives et suffisamment ouvertes pour ne pas le juger
et le rejeter

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